PME – Relocaliser en 13 étapes

PME – Relocaliser en 13 étapes

La récente crise sanitaire a montré les limites de la délocalisation, très prisée jusqu’alors. Relocaliser est désormais dans toutes les têtes. Mais pour quoi faire ? Thierry G. * revient sur les tenants et les aboutissants de toute relocalisation. Combien de temps dure-t-elle ? Comment l’optimiser ? Qu’en attendre ? Il répond à ces questions et expose les treize étapes incontournables pour faire d’une relocalisation une réussite stratégique.

1. Pourquoi relocaliser et quelles modalités ?

Les raisons pour relocaliser sont aussi nombreuses que variées. Il peut s’agir :

  • d’une problématique de non-qualité des produits,
  • d’une problématique de casse durant les transports,
  • d’une problématique de logistique (retards à la livraison),
  • de l’augmentation des frais de douanes (taxes Brexit et droits d’affrètement par exemple),
  • d’une problématique liée aux transporteurs logistiques(hausse des coûts ou autres),
  • d’une volonté d’augmenter sa capacité de production de l’export vers la France,
  • d’une problématique de manque de qualification de la main-d’œuvre étrangère,
  • d’une problématique de hausse des coûts de la main-d’œuvre étrangère,
  • d’une nouvelle opportunité d’automatisation enFrance (inexistante à l’étranger),
  • de la volonté d’obtenir un chiffre d’affaire supplémentaire pour préserver sa rentabilité en France.

Quelle(s) que soi(en)t la ou les raisons qui poussent une entreprise à relocaliser, il est important de prendre le temps de réfléchir à la relocalisation en amont et de prévoir six ou huit mois pour qu’elle arrive à terme.

2. Les 13 étapes clés pour faire rimer relocaliser et succès

# 1 Définir son budget

Dès que la décision de relocaliser est actée, il est important de mettre en place un business plan dans lequel on intègre les aides de l’Etat et une ligne budgétaire à +/- 5/10%.

#2 Réaliser un audit des anciens équipements ou des équipements délocalisés

Il s’agit de vérifier la conformité aux normes et/ou directives françaises et européennes (CE) des équipements et d’en estimer la mise aux normes.

#3 Créer un plan-type de la nouvelle unité de production

Cette étape consiste à envisager la surface disponible et/ou la construction nécessaire. Elle doit aussi intégrer le dimensionnement des flux logistiques, de tous les fluides énergétiques ainsi que l’analyse et le traitement des rejets.

#4 Définir un budget plus fin

Les étapes #2 et #3 permettent d’avoir une idée plus précise du budget à allouer à la relocalisation. Il est donc temps de définir un budget plus fin basé sur les besoins spécifiques de sa PME.

#5 Rédiger un cahier des charges des appels d’offres

Qu’entendre par là ? Cette étape vise à définir un planning technique et à poser des jalons spécifiques.

Le cahier des charges prend en considération :

  • le transport des machines,
  • le remontage des machines,
  • les différents raccordements (eau, rejets, électricité),
  • l’automatisation si nécessaire (robots de palettisation par exemple),
  • la mise aux normes,
  • la mise en route (il est important de la chiffrer car cette étape nécessite parfois l’intervention d’experts spécifiques dédiés à la ligne de production,
  • les cadences liées à l’automatisation.

En moyenne, 20% de ces actions seront traitées en interne, 80% en externe.

#6 Dépouiller les offres et sélectionner le ou les prestataires 

#7 Proposer un plan de formation des équipes de production et de maintenance

Dans le cas de recrutements (interne ou externe), il est important de chercher à gagner en productivité en réorganisant ou restructurant l’existant au moment d’intégrer une nouvelle ligne. Thierry G. renvoie pour ce faire à la méthode japonaise des 5 S qui consiste à éliminer tout ce qui n’a pas sa place dans l’espace de travail. Cela augmente la productivité tout en améliorant les conditions de travail des employés.

Car cette étape vise également à améliorer la qualité de vie au travail, notamment en diminuant le bruit, en travaillant sur l’éclairage (que l’on préfère naturel), sur les couleurs des peintures au sol et aux murs, ainsi qu’en repensant à l’ergonomie des postes de travail. Ainsi productivité et confort gagnent simultanément.

#8 Dérouler le chantier

#9 Réceptionner le chantier technique

Il s’agit ici de vérifier la ligne et les cadences.

#10 Vérifier la qualité produits

Une fois que la ligne a été vérifiée, il est important de s’assurer de la qualité des produits qui en sortent. On procède donc à un beta test, à un contrôle qualité des premiers échantillonnages pour vérifier que les produits sont conformes au cahier des charges du client.

#11 Procéder au transfert de la ligne au chef de production locale et à ses équipes

Si ce transfert a déjà été pensé en amont, il est important de l’officialiser pour que les équipes s’approprient la gestion de la nouvelle unité. Il est souhaitable d’intégrer les équipes le plus en amont possible du projet (Production, Maintenance, Qualité).

#12 Vérifier les cadences au bout de trois mois

Afin de faire en sorte que tout se déroule bien sur le long terme, une vérification de la ligne s’avère payante. Il faut s’assurer qu’il n’ya pas de dérives techniques et que la maintenance et le plan de formation sont bien ad-hoc.

#13 Inaugurer officiellement la nouvelle ligne

Une fois que toutes les vérifications ont été effectuées, il est temps d’inaugurer la nouvelle ligne avec les équipes, les clients mais également les pouvoirs publics locaux… Pour que cela soit le plus utile à la PME, il peut être avisé de joindre à cette communication le lancement de nouveaux produits !

 

Dirigeants de PME, il ne vous reste plus qu’à vous lancer… et si vous souhaitez être accompagnés par des experts Cokpit de qualité tout au long de ce process de relocalisation, contactez-les sans attendre. Pour tout autre conseil, consultez nos articles dédiés PME au sein de notre newsletter ou retrouvez tous nos articles Production juste ici.

*Fort de ses 40 d’expérience, dont 30 dans l’industrie agroalimentaire et manufacturière et 10 dans le retail, Thierry G. a une double compétence technique et de gestion. Ses expériences professionnelles en France et à l’international lui ont apporté une vision globale des problématiques auxquelles sont confrontées les PME. Son expertise et sa passion rendent ses conseils particulièrement précieux.

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