PME - Les conditions pour profiter de la reprise

PME - Les conditions pour profiter de la reprise

Enfin, le bout du tunnel ! Après des mois de restrictions, les experts du FMI prédisent, en France, une croissance de 5 à 6% d’ici la fin de l’année. De quoi rendre optimistes tous les dirigeants de PME. À des degrés variables selon leur secteur d’activité, la taille de leur entreprise leur situation avant et après la crise, tous peuvent globalement s’attendre à vivre une période favorable, explique Roger R.*, expert Cokpit.

Des questions fondamentales à se poser

Pourtant, monter dans le train de la reprise économique impose aux dirigeants de PME de se poser très rapidement trois questions :

  • Qu’ai-je appris de la crise ?
  • Où aller maintenant ?
  • Comment atteindre mon objectif ?

Répondre à ces questions va exiger de passer par une phase d’analyse de la situation actuelle, puis de définition d’orientations stratégiques, et enfin par la mise en place d’une organisation performante.

Trois qualités managériales sur lesquelles s’appuyer stratégiquement

Cette période de redémarrage va également exiger du dirigeant de PME qu’il s’appuie sur trois qualités managériales fondamentales.

L’anticipation

Aujourd’hui plus que jamais, la gestion des risques et des opportunités devra figurer en tête de liste des priorités du dirigeant. Faire régulièrement l’effort avec son équipe d’établir une liste des risques par nature, de leurs impacts possibles et des mesures pouvant les réduire permet de renforcer la capacité de l’entreprise à affronter les crises plus « conventionnelles ».

Indispensable également : pratiquer le même exercice sur les opportunités potentielles qu’offre son environnement. Rechercher des opportunités, c’est mieux connaître son écosystème, son marché, ses concurrents, sa chaîne de valeur… et donc améliorer la performance de son entreprise. Cet exercice peut paraître fastidieux mais il permet de préserver et de développer les atouts de l’entreprise, et par conséquent sa valeur. Autre mérite, il renforce au sein de l’entreprise la culture du changement, et permet d’éviter un danger qui menace une entreprise : le statu quo.

La capacité à se projeter

Après une crise de cette ampleur, donner un cap, le formaliser et l’expliquer s’avère fondamental plusque jamais. Pour assurer, bien sûr, la pérennité de son entreprise, mais aussi pour rassurer et fédérer ses collaborateurs, et toutes ses parties prenantes :actionnaires, clients, fournisseurs ou encore partenaires sociaux. Cette projection doit prendre une forme concrète. En pratique, le dirigeant devra établir une feuille de route à 3-5 ans, avec une vision, une raison d’être, des valeurs, des stratégies et des objectifs clairs. En parallèle, une autre projection à un an permettra de décliner concrètement ces objectifs. Ces deux feuilles de route seront ajustées régulièrement, grâce au suivi strict et à l’analyse des résultats.

La capacité à structurer

Il s’agit pour le dirigeant de PME de structurer son entreprise afin qu’elle puisse atteindre ses objectifs stratégiques et opérationnels. Mettre en place des indicateurs clés de performance (KPI), des process clairs et simples, des outils efficaces et s’assurer de la maîtrise des compétences est bien sûr indispensable…mais insuffisant sur la durée.

Il faut viser une organisation structurante, reposant sur la compréhension et l’appropriation des enjeux de l’entreprise par ses collaborateurs. Ce qui suppose qu’ils aient trouvé leur place dans ces enjeux et en retirent un bénéfice personnel (financier, progression de leurs compétences, de leurs responsabilités…).
Côté management, cela s’illustre entre autres par la responsabilisation, la délégation de décision, la confiance et la cohérence entre annonces et actions.
Côté collaborateurs, cela se traduira par la mesure de l’autonomisation, de la productivité, et les indicateurs RH classiques, tels l’absentéisme ou le turnover.

Au sein d’une organisation structurante, les collaborateurs deviennent acteurs et promoteurs du changement, de l’amélioration continue et de la performance. Procéder à une évaluation post-crise de l’engagement des collaborateurs est donc indispensable, afin de déterminer les actions prioritaires dans la construction de l’organisation.

Bien sûr, assurer de la cohérence entre ces différentes strates n’a rien de simple : les urgences du quotidien prennent souvent le pas sur les projets de plus long terme. Mais à l’heure de la reprise, nul ne peut faire l’économie de ces réflexions, ni se dispenser de bâtir des plans d’action solides. Durant la crise, nombre de dirigeants ont pu prendre le recul nécessaire pour envisager différemment la conduite de leur entreprise et remettre en cause leur mode de management. Le moment est venu de passer à l’action. En conjuguant, plus que jamais, vigilance, humilité, réalisme et ambition.

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* Avec plus de 30 ans d’expérience dans la construction, à la fois du côté bâtiment et du côté maintenance, Roger R. s’est spécialisé dans le conseil aux PME. Sa vision globale et structurante de l’entreprise est un atout pour ses clients lorsqu’ils souhaitent optimiser leurs compétences internes – qu’il s’agisse d’améliorer leur performance opérationnelle ou/et financière.

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